Historique de la Cie Gakokoé

Un nom bizarre ? Pas si bizarre que ça ! Avec cette forte consonance tel un marteau piqueur, gakokoé porte en son nom tout un univers de rythmes et de sons. Aujourd’hui passé dans l’arsenal des instruments de musique africaine, le Gakokoé est le symbole et l’outil des messagers en Afrique de l’ouest (Ghana, Togo, Bénin, Nigeria…). Cette double cloche métallique en impose. Le moindre son sorti de ses entrailles paralyse tout le village et ses activités. Car le Gakokoé, plus que le messager, est investi du pouvoir sacré de roi ou du chef.

Ce symbole de la parole et de sa transmission est ainsi devenu la marque de cette jeune compagnie théâtrale créée en janvier 1998 à Montbéliard.

Au sein de cette troupe, vont se retrouver plusieurs artistes de la région : comédiens, musiciens, techniciens et constructeurs. Tous auront à cœur de tisser un autre lien avec le public. Un lien fort, direct et franc. Ainsi le public devient la référence et le centre d’où partent les réflexions.

Cette orientation que prend la compagnie trouvera tout son sens déjà dans le fait que le Pays de Montbéliard jouit d’une forte immigration compte tenu de l’activité industrielle (usines Peugeot et Japy). Cette immigration est aussi bien interne qu’externe. Sur ce territoire vont cohabiter des Turques, des Marocains, des Portugais, des Algériens, des Tunisiens, des Espagnoles, des Italiens… des Vosgiens, des Jurassiens et plus récemment des Kurdes et des noirs Africains. Ce melting-pot constitue alors un espace de « mémoire ». Mémoire individuelle et collective. C’est dans cette richesse multiculturelle que la compagnie puise les matériaux de ses spectacles.

Le principe de réciprocité cher à Gakokoé, l’oblige à proposer les spectacles sur les lieux-même où la matière a été extraite : les appartements, les bars, les caves des immeubles, la rue…

Ainsi ont été créés entre autres : « Les contes africains de Franche-Comté », «La Réception », « Les Contes africains d’aujourd’hui » , et « Contes de vies ordinaires ». Ce dernier couronné par le Grand Prix de l’Initiative Sociale et Culturelle Internationale du Spectacle Vivant à Nantes en 2006